13 avril

La première journée s’est relativement bien passée. Avant de sortir, je devais terminer de remplir un document pour Médecins sans frontières donc je suis resté dans ma chambre jusqu’à 15h00. Une fois le document envoyé, je descends et je croise les deux jumeaux qui travaillent à la pension : Jean-Yves et Jean-Ernst. Ils ont chacun 26 ans et très vite nous nous lions d’amitié.

Je parle un peu avec eux et leur explique que je me dirige vers les Champs-de-Mars pour voir ce qui reste du Palais Présidentiel. Ayant terminé leur quart de travail, ils me proposent de les suivre puisqu’ils passent par là pour rentrer chez eux. En marchant vers le centre-ville tout ce confirme, cette ville a vraiment été ravagée par le séisme de janvier 2010. La majorité des bâtiments sont détruits et on retrouve des morceaux de béton sur le bord des rues et un smog de poussière de ce même béton plane dans l’air. Tout ceci mélangé à une température de 30 degrés, une humidité importante, des cris de klaxons et des gens qui annoncent d’une voix forte les produits qu’ils ont à vendre vous donne une bonne idée de l’ambiance qui règne à Port-au-Prince. Sur le chemin, je réalise rapidement que plusieurs personnes portent de la marchandise sur leur tête. C’est probablement les origines africaines des Haïtiens qui ressortent.

Garçon qui transporte des plantes

Dame qui transporte sa marchandise

Malgré ces belles couleurs, ce qui me marque le plus est que l’État haïtien semble n’avoir aucune ressource humaine et matérielle pour mettre un plan d’action de l’avant et reconstruire. Oui il y a beaucoup d’organisations internationales sur les lieux et d’investissement étranger, mais je crois que les ONG sont plutôt occupées à donner des tentes, de la nourriture et assurer la santé des gens dans les camps de réfugiés. Certains me diront oui, mais le Canada et les États-Unis ont donné des milliards de dollars à Haïti depuis le séisme, où est passé cet argent ? Je réponds à ces gens en deux temps. Premièrement, oui Haïti a reçu des milliards, mais quand tu vois dans quel état ce retrouve Port-au-Prince, tout individu sensé se demanderait aussi par où commencer. Deuxièmement, prenons l’exemple du tremblement de terre/tsunami au Japon. Catastrophe naturelle de grande importance, mais dans un pays moderne, riche et avec des ressources humaines et matérielles pour faire face aux répercussions. Ici il n’y a rien de tel. Avant le tremblement de terre Haïti était déjà un des pays les plus pauvres de la planète donc pas de modernité, pas de richesse naturelle (presque tout à été rasé depuis longtemps) et surtout, pas de ressource matérielle et de main-d’œuvre qualifiée. De plus, il est très difficile pour les gens d’obtenir du crédit des banques et les taux d’intérêt du microcrédit sont complètement déraisonnables.

Après 30 minutes de marche, j’arrive finalement aux Champs-de-Mars et je vois le Palais Présidentiel, ou en fait ce qui en reste.

Palais Présidentiel PAP

Les deux jumeaux me mettent dans un taxi et je rentre à la pension.

Leave a comment