14 avril

Le lendemain, j’ai eu droit à une expédition avec mon collègue photographe Kesler Bien-Aimé. Il est passé me chercher et nous nous sommes rendus au centre de recherche que mon père a créé pour les étudiants haïtiens. Ce centre leur permet de faire des études en patrimoine avec des enseignants qualifiés. Ils ont aussi la possibilité de venir à l’Université Laval pour une session ou plus faire de la recherche pour leur projet de mémoire ou de doctorat et assister à des cours spécialisés en patrimoine. On leur offre une bourse et cette mobilité leur permet de mener leur recherche au Québec. J’ai vu leur bibliothèque, honnêtement ils n’ont pas plus de 300 livres. Comment voulez-vous faire une recherche sérieuse quand vous n’avez pas les ressources nécessaires ? C’est un peu pour cette raison que le programme existe. Je rencontre quelques étudiants qui me saluent gentiment et nous échangeons rapidement.

Nous reprenons notre vieille Honda Accord 1998 et direction Pétion Ville ! Cette ville est située à mi-chemin entre Port-au-Prince, qui est au niveau de la mer, et le sommet du mont Boutilliers. Sur la route, j’ai droit à un spectacle de couleurs. Les gens vendent des fruits, des légumes, des objets décoratifs et j’en passe.

Mangues

Poteries

Fruits (bananes, mangues et oranges)

Objets décoratifs (carapaces de tortues)

Pétion Ville est un quartier riche. J’ai tout de suite noté une grande différence avec Turgeau, le quartier où je réside. Je mange avec mon collègue et nous échangeons sur la réelle utilité des ONG en Haïti et si elles sont bien vues par les Haïtiens. Pour vous faire une histoire courte, il croit qu’on assiste à du néo-colonialisme d’ONG et d’États qui essaient tous de s’accaparer une part d’Haïti et qui font bien sentir leurs présences. Dans un sens c’est vrai, depuis mon arrivée,  je vois des tentes partout et sur plus de la moitié il y est inscrit : PR China, USA, Canada, Argentina, Brazil, ACF (Action contre la Faim), UNICEF, UNHCR, Croix Rouge et j’en passe. On voit aussi plusieurs enfants avec des t-shirts à l’effigie de ces même ONG. Je n’élaborerai pas ici parce que mon but premier n’est pas d’entrer dans un débat, mais j’ai quand même trouvé son point de vue intéressant. Mon collègue vient d’une famille de classe moyenne et est éduqué. Vous verrez plus tard pourquoi je fais cette précision. Après un bon repas (des gros morceaux de calmar en sauce) et une bonne discussion, je rentre à la pension pour la soirée.

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