17 avril

Journée forte intéressante dans tous les sens du terme. Départ à midi vers Léogane, ville située à environ 40 km au sud de PAP. Kesler et moi partons à bord de sa Jeep avec tout l’équipement nécessaire ; caméra photo, caméra vidéo, ordinateurs, machine enregistreuse et trépied. Sur la route beaucoup de camions remplis de personnes et énormément de poussière. Des parties de la route ont littéralement bougé pendant le tremblement de terre et on le voit bien. Je vous explique rapidement le but de notre mission. Nous devons aller joindre un prêtre (aussi chef de village) en milieu rural pas très loin de Léogane pour filmer et photographier les chants religieux et funéraires qu’il pratique avec ses fidèles. Ensuite, il faut faire la même chose, mais pour une fête carnavalesque qui se tient chaque année non loin de Pâques par les habitants de Léogane et des environs.

Vers 14h30 nous rencontrons le prêtre un peu en dehors de Léogane, il entre dans la Jeep et nous dirige vers son village.

Prêtre Fritz dans son «église»

Pour vous faire une histoire courte, 90 % des maisons du village sont des structures de bois avec une grande toile blanche qui fait le tour et arborant USAID, donc financé par le gouvernement américain. Son église est aussi une de ces maisons et c’est à cet endroit que ses fidèles nous joignent. Ils chantent pendant plus d’une heure et je dois avouer que c’est plutôt intéressant. De temps en temps des chants tristes en créole et à d’autres moments beaucoup plus joyeux et même très gospel. Je peux malheureusement pas trop vous mettre de photos des chants parce que je les ai prises pour le projet. Une fois l’activité terminée, nous sortons et discutons un peu avec les gens du village. Ils sont très content de nous voir et à ma grande surprise, ils me demandent de prendre des photos d’eux ! Une des eux est particulièrement intéressante. Elle commence à nous faire des pauses et on découvre en elle un vrai talent d’actrice !

L’actrice de Léogane

Idem

J’ai ici mis cette photo pour porter votre attention sur un phénomène assez répandu dans les pays «en voie de développement». J’aime pas trop le terme, mais bon… Sur la photo vous pouvez très bien voir que les genoux de cette petite fille sont déformés, plus larges qu’à l’habitude. J’ai aussi vu la même chose au Cambodge et au Laos. Dans ces deux pays, plusieurs enfants en bas âge transportaient des poches de riz. En Haïti, beaucoup d’enfants transportent des sceaux d’eau sur leur tête, souvent beaucoup plus gros que celui que vous voyez à l’écran. Transporter des charges importantes à cet âge entraîne un arrêt de la croissance et des malformations aux articulations tel que les genoux.

Photo ici de deux mamans qui sont en train d’extraire les pois de leur enveloppe et en faire le tri.

Les mamans qui trient les haricots blancs

Après cette séance d’échange et de photographie, le frère et ses deux fidèles nous amènent à 5km encore plus profondément à l’intérieur des terres. Ils amènent avec eux une grosse machette et je dois avouer qu’au début je ne comprends pas trop pourquoi… Nous arrivons sur la terre de Fritz et son camarade et fidèle enlève rapidement ses chaussures et monte comme un singe dans le cocotier qui devait faire au moins 15 mètres.

Le chasseur de noix de coco

Il en détache six et, une fois tombées, Fritz les prépare avec sa machette. Il nous en remet deux chacun. C’est à ce moment que je comprends l’utilité de la machette. Le goût de ces noix de coco n’a rien à voir avec celle qu’on mange au Québec, mais j’imagine que quelques-uns d’entre vous en ont déjà mangé en République Dominicaine ou ailleurs sous les cocotiers donc ceux-là savent de quoi je parle.

Noix de coco fraîchement coupée

Bananiers

Après ce festin, on rentre tranquillement vers Léogane pour se préparer à la couverture de la Rara de Léogane, le carnaval annuel dont je vous parlais plus haut. Sur le chemin un magnifique couché de soleil sur une des nombreuses rues poussiéreuses de Léogane. Un très beau spectacle de couleur.

Coucher de soleil dans une rue de Léogane

Idem

Nous nous dirigeons ensuite vers le centre de Léogane pour aller couvrir la Rara. Ayant dû utiliser mon appareil pour filmer, je n’ai pas de photos de la cérémonie autre qu’un instrument de musique, style maraca, qu’ils utilisent. Pour vous donner une idée de la cérémonie, un orchestre joue de la musique avec des origines marquées des caraïbes et les gens de la ville suivent cet orchestre dans la rue en chantant et agitant des maracas. C’est vraiment une grande fête là-bas.

Instrument de musique (similaire à un maraca)

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