Conclusion

Vendeur de canne à sucre

Ce séjour en Haïti fût fort intéressant sur le plan professionnel mais surtout personnel. Même si ça n’a pas toujours été facile, j’ai beaucoup appris sur Haïti et moi-même. Cette expérience était bien différente des autres que j’avais réalisées dans d’autres pays. Je suis venu seul et pour travailler. C’est donc bien différent que de voyager en tant que touriste et avec une conjointe ou des amis. C’est beaucoup plus difficile dans ces circonstances. Nous ne sommes pas accompagnés de gens de notre milieu et de notre culture. On se retrouve souvent seul et on doit se débrouiller. On observe et réfléchit davantage.

J’ai découvert un pays pauvre et ravagé par le tremblement de terre de janvier 2010, mais aussi une culture colorée et des gens formidables. Ça n’a pas toujours été facile avec les Haïtiens, mais quand on commence à les saluer en créole et qu’on sait tendre l’oreille, ils sont généreux et à l’écoute. Les Haïtiens sont un peuple très fier et résilient. Ils ne voient pas la présence des organisations internationales sous un très bon œil. Pourquoi ? Plusieurs ONG sont là depuis des décennies. Croyez moi, je peux comprendre les Haïtiens.

Les Américains sont aussi très présents en Haïti un peu comme ils le sont en Amérique latine. On dit souvent que l’Amérique latine est le grenier des États-Unis. Ils envoient énormément de nourriture aux Haïtiens depuis le tremblement de terre. Tous les sacs de riz que j’ai vu arborent un drapeau américain. Les Haïtiens commencent même à incorporer des mots anglais dans leur vocabulaire quotidien. On retrouve plusieurs enfants et adultes avec des camisoles d’équipes de basketball de la NBA, des maillots d’équipes de la NFL et même de l’Empire State building ! Ils excellent à exporter leur culture comme ils le font un peu partout dans le monde aussi avec le cinéma.

Vendeur de poches d’eau

Cela dit, le pays est magnifique et possède un potentiel touristique hors pair. Des plages, des petites villes et des sites historiques à couper le souffle. Regardez la République Dominicaine, le pays voisin: il y a 20 ans, ce pays était aussi très pauvre. En misant sur le tourisme, ce pays s’est rapidement développé. Haïti possède aussi un potentiel touristique et la culture haïtienne est plus riche que celle de son voisin et les plages y sont encore plus belles.

Mes coups de coeur en Haïti: la nourriture épicé, les couleurs, devoir prendre une douche froide à chaque jour, les paysages, la culture, le sourire des Haïtiens et leur capacité à rester calme, le bruit des insectes la nuit et l’ambiance musicale omniprésente. Je n’oublierai jamais ce séjour qui restera gravé dans ma mémoire et qui a été mon voyage le plus formateur jusqu’à présent. Haïti, merci pour tout. Je remercie aussi Kesler, Kendrick, Pouchon, Taylor et les gens de ma pension. Ils m’ont énormément appris, chacun à leur façon, accueilli à bras ouverts et fait découvrir ce pays extraordinaire. Merci !

27 avril

Journée particulièrement intéressante dans tous les sens du terme. Kenrick et James sont venus me chercher vers midi à l’intérieur d’une voiture de police. Notre chauffeur : un policier ! Et oui, c’est un très bon ami à eux et il a accepté de nous conduire à l’usine de rhum Barbancourt et à Croix-des-Bouquets. J’ai eu peur plus d’une fois dans ce camion Ford blanc. Une utilisation de la sirène constante pour dépasser tout le monde et un trafic désorganisé. Sur la route, on croise plusieurs commerçants ambulants qui portent souvent leurs produits directement sur leur tête. Fascinant à voir!

Garçon qui vend de l’eau en poches de plastique

Femme qui vend des fruits

Arrivée à l’usine Barbancourt, mais impossible de visiter, il fallait prendre rendez-vous. Ce sera pour une prochaine fois !

Tableau d’un homme qui travaille la canne à sucre

Canne à sucre autour de l’usine

Ensuite, direction Croix-des-Bouquets pour visiter une production artisanale d’objets de fer fabriqués à la main. Sur place, un homme nous explique comment il travaille le fer et nous fait quelques démonstrations des étapes de production. C’est impressionnant de voir ce travail minutieux, ça me rappelle les rues du Caire en Égypte où l’on retrouvait une pratique similaire.

Nous rentrons à la pension et j’attends mon père pour passer la soirée avec lui. Je prends l’avion demain pour rentrer à Québec. Le contrat est terminé et le périple aussi.

26 avril

Je me suis promené un peu à travers la ville avec Kendrick aujourd’hui pour acheter quelques souvenirs. Au menu : des statuettes, un disque de musique troubadour et autres.

Femme qui vend des fruits

Mon père est arrivé tout à l’heure et nous avons fait le point sur le projet. Nous avons aussi discuté longuement de mon séjour et de ses propres expériences ici. Ça fait du bien de le voir, je suis content. Demain, je vais visiter/filmer l’usine où on produit le rhum Barbancourt et la Croix-des-Bouquets, endroit où l’on fabrique des objets artisanaux en fer.

25 avril

Journée très chaude, 33 degrés Celsius. J’ai décidé de me promener à travers Port-au-Prince pour aller faire quelques courses. Au menu : alcool à friction, soie dentaire, pansements et petites chaussures artisanales haïtiennes. Croyez-moi, il n’est pas facile de trouver tout ceci à Port-au-Prince, mais rien de mieux qu’une bonne balade à mobylette dans la ville avec mon ami Pouchon (et oui, c’est bien son nom) pour trouver le tout et visiter en même temps.

J’ai rencontré Pouchon en descendant ma rue. Voyant qu’il était en mobylette, je lui ai demandé s’il pouvait m’emmener acheter tous ces articles. Il me répond : oui avec joie. Je salue maintenant les gens en Créole et je réalise que ça fait toute la différence du monde. Ils sont tellement plus aimables avec moi, c’est le jour et la nuit. Nous prenons la route pour Pétionville où on retrouve des pharmacies. J’adore la mobylette, c’est tellement mieux qu’un taxi et beaucoup moins cher. Par contre, c’est vraiment plus dangereux – j’ai entendu dire que Médecins sans Frontières passe pas mal de temps à rapiécer des conducteurs de mobylettes et leurs passagers – je ne sais pas pourquoi, mais j’adore la sensation d’être sur une moto, je me sens libre.

On arrive dans la ville des bourgeois d’Haïti et j’achète ce dont j’ai besoin après plusieurs tentatives.

Religieuses à Pétionville

Après direction Champs de Mars pour trouver cette fameuse paire de chaussures artisanales. Sur la route, il y a de l’action ! On fait presque 4 accidents, les gens crient  pour vendre leurs produits, il y a de la fumée d’essence partout, des trous sur la route, des gens qui soudent des morceaux de fer, d’autres de l’eau sur leur tête, d’autres des chaussures, d’autres des tableaux, d’autres des fruits, d’autres des légumes, etc.!

Tableaux typiquement haïtiens

Fruits

Cerises

On s’arrête pour prendre de l’essence et j’entame une bonne discussion avec Pouchon. Il m’explique qu’il a 25 ans et qu’il a dû arrêter ses études après le tremblement de terre pour devenir chauffeur de mobylette. Je lui demande pourquoi. Il me répond que c’est parce que son père et sa sœur sont morts dans le tremblement de terre, leur maison s’est effondrée sur eux et sur ses oncles, tantes, cousins et cousines. Sa mère à été épargnée parce qu’elle était au marché au moment où ça s’est produit et lui à l’école. Je me sens tout de suite coupable de lui avoir posé cette question et je lui offre mes condoléances. Il me dit que ce n’est pas grave. Il mentionne que parce que sa mère ne gagnait pas assez d’argent il doit l’aider et travailler, c’est pour cette raison qu’il conduit cette mobylette. L’essence coûte plus de 5$ le galon et il termine ses journées avec en moyenne 8$ en poche. Je le dis haut et fort : respect à tous ces Haïtiens qui gardent la tête haute et le sourire malgré ce qui est arrivé et continuent à avancer sans regarder derrière !

Un sourire

J’ouvre ici une parenthèse. Je n’ai pas l’intention de jouer le rôle de l’animateur de Vision mondiale, mais bon sang que ça doit être dur pour ces gens. Plus de 80% des Haïtiens que j’ai rencontrés ici ont perdu des membres de leur famille directe pendant le tremblement de terre (Taylor, Ronald, Jonas, Pouchon et Ricardo). Ils ont vécu une catastrophe naturelle qui a détruit presque tout à PAP et en plus ils ont perdu des membres de leur famille dans la catastrophe. Vous me direz : oui, mais c’est évident, tu t’attendais à quoi ? Je vous réponds : jamais je n’avais imaginé la ville dans cet état plus d’un an après la catastrophe et que ça avait pu toucher autant de gens. Je vous garantis que ça n’a rien à voir avec ce que vous voyez à RDI et surtout à TVA !

En terminant, on trouve finalement les chaussures et Pouchon m’aide à négocier le tout. Après 20 minutes de tractations, on réussit à les avoir pour 7$. Il me ramène chez moi et je lui serre la main. Je prends son numéro et lui dit que je le rappellerai demain.

24 avril

Départ aujourd’hui pour Léogane pour retourner voir le frère Fritz dans son petit village et pour assister à la RARA. Cette fois, le frère Fritz nous donne une performance vaudou. Encore des chants funéraires bien typiques de son village. Ils donnent son spectacle entouré de plusieurs villageois dans sa petite cabane de bois. Je suis accompagné d’un caméraman, de Kenrick, de Kesler et de sa femme. La cérémonie est magnifique. Les gens chantent et dansent et ils utilisent des maracas pour soutenir le rythme.

Je dois vous raconter une petite anecdote. À un certain moment, le frère Fritz demande à une des fidèles de lui apporter quelque chose à boire en lui faisant des signes puisqu’il est en train de chanter. Elle revient avec une bière ! La cérémonie se poursuit, tout le monde danse debout, le frère Fritz aussi avec sa bière à la main. C’était tellement drôle, vous ne pouvez pas vous imaginer.

Le frère Fritz en pleine démonstration

Les chants durent plus d’une heure et à la sortie plusieurs enfants nous attendent dehors. Ils veulent voir mon appareil. Ils sont émerveillés de voir le résultat sur le petit écran de mon appareil photo. Ils me demandent mon prénom. Une petite fille avec un super afro commence à rire en entendant mon prénom, elle rit, elle rit et ne peut plus s’arrêter. Je demande à mon collègue pourquoi elle rit comme ça et il me répond que c’est parce qu’elle trouve mon prénom très drôle. Son ami lui dit qu’elle devrait pas rire parce qu’avec ses cheveux touts défaits, elle a l’air d’une folle! On finit tous par pouffer de rire.

La petite qui riait de mon prénom

Après ceci, on se dirige tous au centre de Léogane pour assister à la Rara. La Rara est une fête annuelle qui se déroule à Pâques et culmine le dimanche de Pâques. C’est une sorte de Carnaval où l’on retrouve des gens déguisés et des fanfares qui passent les unes après les autres avec chacune leurs particularités.

Costumes typiques de la Rara de Léogane

Un homme muni d’un fouet mène la fanfare en donnant régulièrement des coups de fouet par terre pour écarter la foule. Laissez-moi vous donner un conseil… Ne jamais vous placer devant la fanfare, vous risquez de recevoir un coup de fouet qui pourrait honnêtement vous couper un membre (c’est ce qu’on m’a dit et je n’ai pas de difficulté à croire). L’orchestre est souvent composé de 15 personnes avec des trompettes, maracas et des chanteurs.

Il y a beaucoup de monde dans les rues, il est difficile de se déplacer. On décide de se séparer pour avoir le plus de prises de vues possibles sur les différents groupes qui passent. L’ambiance est TRÈS festive. Les gens dansent et s’amusent comme des fous. C’est très beau à voir puisqu’il y a beaucoup de couleurs. Les spectateurs boivent aussi pas mal d’alcool (surtout du rhum et du whisky directement de la bouteille). Après avoir filmé plusieurs groupes, on décide de rentrer. Sur la route de retour, on discute politique haïtienne et de la présence américaine en Haïti.

23 avril

Je suis rapidement allé rencontrer deux amis haïtiens aujourd’hui pour discuter un peu de la situation du pays. Je suis tout d’abord allé voir Jonas dans la maison où il vit au Champs-de-Mars. Sur la route, j’ai vu un grand rassemblement de gens en plein milieu d’une rue où un tuyau qui transporte de l’eau avait cédé. Un peu d’eau jaillissait de la route et les gens venaient se ravitailler avec leurs sceaux et les enfants se baignaient. Je n’ai malheureusement pas de photos, je fais maintenant un peu plus attention avant d’en prendre.

J’ai remarqué sur la route du retour que beaucoup de gens vendaient des poulets et des dindons. C’est une tradition ici d’en manger pour le dimanche de Pâques. Ce qui m’a fasciné était de voir comment ils les transportaient, attachés par les pattes.

Transport des poulets

J’ai ensuite rencontré Ricardo tout prêt de chez moi pour discuter et il m’a promis une visite chez lui pour rencontrer sa famille et ses amis. Il travaille comme chauffeur pour Médecins du monde Canada et le reste de sa famille est sans emploi. Je crois que ça peut être intéressant pour moi de voir comment une famille haïtienne vit son quotidien.

Demain direction Léogane pour la RARA!

22 avril

C’est le jour du départ pour rentrer à Port-au-Prince, mais aussi le moment de passer faire une petite visite à Cap-Haïtien, ville côtière du Nord. On aperçoit tout de suite un style beaucoup plus vacancier ici avec la plage qui borde une bonne partie de la ville et plusieurs familles haïtiennes en vacances pour le congé de Pâques.

Bord de mer de Cap Haïtien

Des bâtiments coloniaux très intéressants avec une grande cathédrale au centre de la ville avec plusieurs religieuses vêtues de voiles blancs venues de tout le pays pour faire une prière dans ce lieu sacré.

Cathédrale de Cap Haïtien

Je me dirige vers l’aéroport à 14h00 et prends l’avion pour rentrer à PAP. Je n’oublierai jamais ce périple de 3 jours à Milot puisqu’il a été difficile, mais en même temps tellement enrichissant.

21 avril

Le lendemain, je suis parti pour la Citadelle qui est située à environ 1000 mètres d’altitude. Elle a été construite par le roi Christophe (roi d’Haïti)  au milieu du 19e siècle pour défendre son territoire des envahisseurs. Pour arriver au sommet, on doit prendre une petite route de 7 km. On peut marcher, prendre un cheval ou une moto. Kendrick m’a proposé de prendre la moto puisque nous avions beaucoup de matériel (plusieurs sacs à dos) avec nous et pas beaucoup de temps pour tout faire. Nous avons pris une moto sur 6 km puis un cheval à la fin parce que ça devient très escarpé. Sur la route il y avait des gens partout puisque c’est une tradition pour les Haïtiens des villes et villages environnants de monter à la Citadelle pour Pâques. En montant, on a droit à un paysage magnifique avec la grande rivière du nord en bas et des montagnes bien vertes.

Vue de la Citadelle sur la rivière du Grand Nord

Je me fais aussi insulter à plusieurs reprises sur la route parce que je suis blanc. C’est dur, je suis impuissant, je peux rien faire. Je fais comme si de rien était et continu ma route. Les Haïtiens sont très gentils dans l’ensemble, mais je crois simplement qu’ils ne voient pas toujours le blanc sous un bon œil et je ne peux pas les blâmer. Nous arrivons en haut à la Citadelle et wow ! J’ai l’impression d’être au dessus du monde ! Des montages et des montagnes à perte de vue avec au nord une ouverture sur la mer. Je m’assois quelques instants à une extrémité de la citadelle et contemple cette vue. Un vent d’air frais frappe mon visage et je me dis que j’ai de la chance d’être témoin des splendeurs de la nature.

Vue sur les montagnes

Je rejoins Kenrick et on fait le tour de la Citadelle pour faire notre travail. On prend des photos, on fait des entrevues avec des gens, etc. Vers 15h00, je rencontre deux hommes qui jouent de la flute : Jean-Claude et Michel. Deux hommes d’une gentillesse incroyable et qui réalise l’importance de notre travail pour le développement touristique d’Haïti.

Jean-Claude et Michel

Flûtes

Jean-Claude, accompagné de son bâton de berger et de ces chaussures noires luisantes nous amènent à travers la montagne vers le site des Ramiers, vestiges de plusieurs monuments datant aussi du 19e siècle.

Vue sur les montagnes de Ramiers

Il nous explique tout ce qu’il sait sur la région, il est une encyclopédie vivante. À notre retour je salue tout le monde qui nous a accueillis à la Citadelle et les remercie. Ils sont très gentils avec moi et je quitte à pied seul avec Jean-Claude pour rentrer à Milot. Je n’oublierai jamais cet échange avec lui pendant la descente. Je ne sais trop comment mettre ce moment en mots parce que de temps en temps il est impossible de décrire ce que l’on ressent, mais c’était magique. Cet homme haïtien de 58 ans avec un blanc bec de 28 ans du Québec marchant à travers les montagnes haïtiennes à la pénombre. Il me parle de sa famille et de la vie, de ce que la vie représente vraiment à ses yeux. Qu’il n’a pas d’argent, mais juste assez pour donner à manger à sa femme et ses enfants et pouvoir payer l’école de ceux-ci. C’est tout ce qui compte pour lui, c’est ce qui le tient en vie et le rend heureux. On parle souvent de différence de cultures entre les gens de pays ou nations différentes, mais il y a beaucoup plus de ressemblance entre nous, nous sommes tous des êtres humains.

20 avril

I left PAP today with my colleague Kendrick for Cap Haïtien located on the north coast of the country. He is a Haitian phd student specialized in patrimony and more specifically the town of Milot. We took a small plane at 4pm and after flying 20 minutes through the bumpy clouds, we arrived in Cap Haïtien. As soon as we landed, we took a cab to Milot. Milot is located 20 km south of Cap Haïtien and hides the main historical monuments of the country (the Citadelle, the Palais Sans Souci and the Ramiers). It has a population of roughly 25 000 souls, is located inland and is surrounded by mountains and a tropical forest. It is very humid and it rains quite a lot. It reminded me of South East Asia where it can be sunny and suddenly it starts raining and then stops.

Chapelle de Milot

Vestiges du Palais de Sans Souci

We settled in Lakou Lakay, a cultural center owned by Maurice Étienne. Maurice is an architect and his concept is quite unique. He wants to share the culture and patrimony of Milot with strangers by inviting them to stay with his family. He built his complex, which is far from being finished since he has no financial help, directly in the nature. His wife cooks really well and all the aliments she uses come from the environing nature. Maurice knows the history of Milot to perfection and the importance of the historical monuments surrounding it, its patrimony.

After talking to Maurice and his family, I walked around town to see the Chapel and the Sans Souci Palace. Milot is totally different from PAP, Archaïe, Cabaret and Léogane first because it was not badly hit by the earthquake and secondly it is very colorful and located in the nature.

Typical house of Milot

Typical house of Milot

While walking, I quickly realized a lot of Haitians were hostile to me. They yelled le blanc le blanc in Creole with insults and tried to intimidate me. I kept on walking and pretended everything was fine. NOT everyone acted like this towards me in Milot, I met wonderful people who were really nice to me but a lot did and even if it seems weird, it felt isolated. On the other hand, the kids were amazing ! They loved being photographed and were so happy to see the results on my screen. It was great to see.

Kids from Milot

After taking a couple pictures and listening to the concert that was taking place in town I headed back to Lakou Lakay.